Conseil commun de la Fonction publique du 13 janvier 2026 : déclaration de la CGT Fonction publique
Texte publié le 14 janvier 2026.
M. le ministre, M. le directeur, chers camarades.
Ce Conseil commun de la fonction publique s’ouvre dans un contexte caractérisé par le débat parlementaire sur le projet de loi de finances 2026, la CGT veut rappeler et dénoncer la dimension inacceptable des conditions de vie et de travail des agentes et des agents publics.
De plus en plus d’agent.es publics ne disposent plus des moyens nécessaires au fonctionnement d’un service public de qualité et de proximité au détriment des droits des citoyen.nes, des usager.es.
À l’évidence, vous continuez à vouloir ignorer ce qu’elles et ils vivent, sur le terrain, dans leurs services, dans les guichets, les écoles, les Ehpad, les Hôpitaux, les communes, les crèches, les bibliothèques, les centres d’hébergement … la liste est longue et elle n’est malheureusement pas exhaustive.
Le débat budgétaire n’est pas une abstraction. Il autorise, il limite, il organise l’action publique ; et, en définitive, il détermine la quantité de droits concrets dont la population disposera demain.
Juridiquement, la loi de finances s’inscrit dans le cadre de la Constitution — notamment l’article 34 : la Nation doit pouvoir consentir à l’impôt et contrôler son emploi. Mais politiquement, ce consentement n’a de sens que s’il respecte les principes cardinaux de notre droit public : égalité, continuité, neutralité, adaptabilité du service public ; et, s’agissant des collectivités, la libre administration (article 72 de la Constitution), qui n’est pas un ornement de discours, mais une garantie réelle. Un budget n’est pas seulement un tableau de chiffres : c’est la condition matérielle de l’égalité devant le service public.
C’est la condition d’un droit effectif aux services publics et à une fonction publique susceptibles de répondre aux défis du XXI ème siècle, dont la mise en œuvre d’une nouvelle logique de développement articulant transition écologique et reconquête des activités industrielles.
Or l’analyse portée par la CGT Fonction publique est claire : le PLF 2026 s’inscrit dans une logique d’austérité assumée — une trajectoire qui prétend “piloter” par objectifs, mais qui piloterait d’abord par pénurie : moins d’emplois, moins de présence, plus de sous-traitance, plus de précarité.
Le budget n’est pas seulement un instrument financier, c’est un instrument d’organisation. Car, quand les moyens se rétractent, c’est l’architecture même de l’État et des services publics qui se réarrange — et c’est là que la réforme territoriale, portée par le gouvernement Lecornu et le renforcement du rôle des préfets, prend tout son sens : elle vient comme une seconde lame, institutionnelle, après la première, budgétaire.
La continuité du service public — principe fondamental reconnu de longue date — ne se décrète pas : elle se finance. Dans la fonction publique de l’État, la logique est connue : suppressions de milliers d’emplois ou non-remplacements des départs à la retraite, réorganisations, “modernisations” qui s’écrivent souvent en fermetures de guichets et en éloignement des services. On ne peut pas, d’un côté, promettre la “qualité du service rendu”, et de l’autre organiser structurellement la raréfaction de celles et ceux qui le rendent.
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