Conseil commun de la Fonction publique du 4 novembre 2026 : déclarations CGT

Texte publié le 4 novembre 2026.

Monsieur le Président, demain, la CGT appelle à la grève et nous serons dans la rue. Permettez-nous seulement de conclure par une évidence que les sapeurs-pompiers connaissent mieux que quiconque : on n’éteint pas un incendie en interdisant de crier au feu. On l’éteint avec des femmes et des hommes en nombre suffisant, des moyens à la hauteur pour le faire, il en va de même de la colère sociale.

Depuis la rentrée, celles et ceux qui travaillent, qui étudient, qui portent secours n’ont cessé de dire, sous mille formes, une même chose : on ne peut plus vivre ainsi, on ne peut plus servir ainsi. Notre Conseil se réunit à la veille du 5 novembre, journée de grève et de manifestations interprofessionnelles à l’appel notamment de la CGT et de toutes les organisations présentes dans cette salle. Ce contexte ne s’arrête pas à la porte de cette salle.

Le 29 septembre, à l’appel des huit organisations représentatives de la fonction publique, plus de 300 000 manifestantes et manifestants ont défilé dans tout le pays. À Paris, près de 8 000 sapeurs-pompiers en grève ont rejoint le cortège de la fonction publique sous les acclamations. Ils avaient passé l’été sur la ligne de feu ; ils sont venus dire qu’ils n’ont plus les moyens d’accomplir correctement leur mission au service de la population.

Quelle réponse leur a-t-on faite ? Un projet de loi de finances qui gèle, pour la quatrième année consécutive, la valeur du point d’indice, alors que les prix ont augmenté de 3,4 % sur un an, selon l’estimation provisoire de l’Insee. Pour nombre d’agents, le relèvement du minimum de traitement annoncé le 2 octobre consiste à substituer du traitement indiciaire à l’indemnité différentielle, sans augmentation immédiate de rémunération. Ce n’est pas une politique salariale ; c’est une course-poursuite avec le SMIC, perdue d’avance tant que le point sera gelé.

La vie chère n’est pas une abstraction statistique. Elle a le visage de l’agent.e qui n’a plus les moyens de faire le plein pour se rendre sur son lieu de travail, du retraité qui baisse le chauffage ; elle a, dans nos outre-mer, la dureté d’une injustice ancienne. Le 17 octobre, 800 000 personnes ont manifesté contre elle et contre la dégradation des services publics. Le lendemain, le Président de la République s’adressait au pays sans annoncer ni mesure générale de pouvoir d’achat ni hausse des salaires. C’est dans la loi de finances que la réponse se décide et pour la CGT, elle ne saurait se résumer à un « effort » de 54 milliards d’euros d’économies. La CGT demande qu’y figurent des mesures immédiates : le blocage des prix de l’énergie et des carburants, l’indexation des salaires sur les prix, le dégel et la revalorisation du point d’indice, la revalorisation des pensions, le tout financé par la justice fiscale et par la conditionnalité des 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises ce sont d’abord des choix politiques que le gouvernement doit faire.

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Également en téléchargement :

>> Liminaire CGT sur les retraites de la Fonction publique