Conseil commun de la fonction publique du 6 novembre 2025 : déclaration CGT Fonction publique
Texte publié le 6 novembre 2025.
Monsieur le ministre,
Monsieur de directeur de la DGAFP,
Mesdames et Messieurs les représentants employeurs,
Chères et chers collègues,
Les projets de lois de finances et de financement de la Sécurité sociale sont une copie du plan Bayrou constitutifs d’un musée d’horreurs budgétaires. La Macronie persiste dans sa tentative d’imposer au monde du travail une purge budgétaire draconienne orientés principalement contre le pouvoir de vivre des personnels que nous représentons.
C’est une nouvelle agression contre les agent·es public·ques dont les conditions de vie et de travail seraient une fois de plus dégradées : suppressions massives d’emplois, gel pour la troisième année consécutive des traitements et des salaires, aggravation des inégalités salariales et professionnelles entre les femmes et les hommes, etc.
En aucune manière, les projets de budget n’ont été présentés et discutés avec les organisations syndicales représentatives des personnels de la Fonction publique, alors que les débats parlementaires sont en cours.
Au prétexte d’une situation budgétaire "catastrophique", le gouvernement propose un projet d’une violence sociale sans précédent en faisant payer les plus démunis, les retraité.es et les malades, l’ensemble des salariés et des agents, pour préserver sa politique de cadeaux aux grandes entreprises et aux ultra riches.
Nouvelle franchise sur les dispositifs médicaux ; Fiscalisation des indemnités journalières des personnes atteintes d’une affection de longue durée (ALD) et durcissement des critères d’accès ; Ponction sur les mutuelles et les complémentaires qui sera de facto répercutée sur les contractants ; Doublement des franchises médicales ; Année blanche pour les prestations sociales : minima sociaux et prestations familiales.
La suspension de la réforme des retraites en trompe l’œil n’est qu’un décalage d’un an de l’application de la réforme. Nous constatons que le nouveau gouvernement n’a toujours pas compris que les Français sont attachés au système actuel par répartition. Dans ce contexte, il est hors de question pour la CGT de discuter d’une éventuelle réforme à point ou encore pire de toutes formes d’insertion de dispositif de capitalisation, car cela reviendrait à contrevenir au cœur du dispositif actuel basé sur la solidarité intergénérationnelle.
Aujourd’hui, les retraités sont dans la rue pour dénoncer qu’une fois de plus, ils et elles sont largement mis à contribution pour atteindre l’objectif de 30 milliards d’euros d’économies sur le budget 2026. Elles et ils, si les propositions restent en l’état, verront encore leur niveau de vie se réduire, leur accès aux services publics entravé.
Les retraités et fonctionnaires se mobilisent également pour la défense, le maintien et l’amélioration des régimes existants, qu’il s’agisse du régime général, du régime des pensions de l’État, du fonds spécial des pensions des ouvriers des établissements industriels de l’État, de la caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales et, plus largement, de l’ensemble des régimes dits spéciaux.
De l’argent il y en a pour les retraites, il y en a pour les salaires, il y en a pour les services publics.
Faut-il le rappeler :211 milliards d’euros versés aux entreprises sans contrôle ni contrepartie, alors que le patronat, lui, ne s’est jamais aussi bien porté en versant 97,1 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires l’an dernier !
Ces aides versées aux entreprises, représentent la première dépense de l’Etat. Elles sont versées sans condition à des critères utiles à la population, ni contrepartie en matière d’emploi. Leur impact en matière d’investissements, de recherche, de transition écologique et d’emploi est inexistant, voire nul.
Dans la même période, la fortune des 500 familles les plus riches de France progresse de manière ostentatoire pour atteindre 1 228 milliards d’euros, soit + 9 % par rapport à 2023.
L’INSEE, qui publie régulièrement des chiffres pour aider à bien piloter les politiques publiques, indique que 15,4% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, 10 millions de personnes, sans compter les personnes hors statistique comme les sans-abris ou les personnes de l’outre-mer. Le taux de pauvreté n’a jamais été aussi élevé que sur ces trente dernières années.
Au vu de ces chiffres, le gouvernement et les groupes parlementaires du centre jusqu’à l’extrême droite ne peuvent pas continuer de sanctuariser les revenus des plus riches auxquels il ne faudrait plus toucher. Il n’est plus concevable que le gouvernement ne comprenne pas l’urgence de rééquilibrer budgétairement la situation qu’il a lui-même créée, jamais la pauvreté n’a aussi été élevée en France, cette indifférence à la situation des personnes les plus pauvres ouvre l’avenir au plus grand désordre
L’attente des populations envers les services publics est de plus en plus importante. Les services publics sont le bien commun, le patrimoine de celles et ceux qui n’en ont pas.
L’instabilité politique que nous traversons est le produit direct des mesures violentes, austéritaires, antidémocratiques prises contre le monde du travail depuis des années. Avec son projet de PLF et de PLFSS, le gouvernement entend poursuivre cette même politique. Et encore une fois Macron-Lecornu et le capital financier choisissent de s’en prendre aux mêmes : aux fonctionnaires, aux immigrés, aux salariés, aux retraités, à la politique sociale…
Bref, à celles et ceux qui font vivre le pays.
Pendant ce temps, le capital reste intouchable, alors que l’on sait que l’argent existe pour redresser l’économie dans le sens de la satisfaction des besoins sociaux de l’immense majorité.
La CGT fonction publique continuera de dénoncer, d’agir et de mobiliser les agent·es public·ques fonctionnaires et contractuel.les, pour en finir avec cette politique qui renforce un peu plus chaque jour l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
En complément de la déclaration liminaire (DL) et en lien avec des annonces de proposition du Ministre sur la possible augmentation d’une semaine du congé prénatal, la CGT Fonction publique a rappelé la revendication de suppression de la baisse de 10 % de l’indemnisation en cas d’arrêt maladie pour les femmes enceintes.
Sur la PSC, un complément à la DL a été porté comme suit :
La CGT demande au ministre de la fonction publique d’engager publiquement le gouvernement sur une décision de mise en œuvre de l’accord PSC en santé dans l’enseignement supérieur exactement en même temps que pour les personnels de l’Education Nationale, au 1er mai 2026. A défaut, si les universités ou les établissements de recherche avaient la liberté de décaler la mise en oeuvre du régime, des dizaines de milliers d’agents publics pourraient être sans couverture santé de mai à décembre 2026, ce qui est l’inverse de ce pourquoi nous avons signé les accords interministériel et ministériel. L’Etat s’est engagé dans un accord majoritaire dont il doit respecter les termes, et la date d’entrée du contrat, et le financement par l’Etat de la PSC des établissements publics.