Musées : la gratuité ne se négocie pas contre une obligation (Communiqué CGT Police)

Texte publié le 20 février 2026.

La CGT-Intérieur a pris connaissance des recommandations qui préconiseraient d’accorder la gratuité des musées aux policières, policiers et gendarmes à condition qu’ils portent leur arme de service.

Nous le disons clairement : ce n’est pas un avantage social.

Un droit social ne s’échange pas contre une posture opérationnelle.

Une reprise de service déguisée

Entrer gratuitement parce que l’on est armé et susceptible d’intervenir revient, en réalité, à se trouver en situation de travail.

Porter son arme hors service n’est jamais neutre.

Cela engage la responsabilité de l’agent et peut l’exposer à intervenir immédiatement.

Autrement dit, la gratuité conditionnée au port de l’arme revient à transformer un temps personnel en reprise de service, avec toutes les implications juridiques et professionnelles que cela comporte.

Un faux choix et une inégalité interne

On nous expliquera qu’il s’agit d’un choix individuel.

Mais dans les faits :

  • armé, l’agent entrerait gratuitement ;
  • non armé, il paierait.

Il s’agirait en réalité d’une incitation à rétablir une posture professionnelle sur son temps personnel.

Rappelons que le statut des policiers leur impose, en toute circonstance, de porter assistance et d’intervenir face à un crime ou un délit. Ils demeurent dépositaires de l’autorité publique, tenus par des obligations déontologiques, disciplinaires et pénales.

Une question de doctrine et de cohérence

Au-delà des agents eux-mêmes, cette proposition pose une question de fond :

Dans quelles conditions la sécurité des lieux recevant du public doit-elle être assurée ?

  • sécurité assurée en totalité par la police nationale, auquel cas il faut se donner les moyens, essentiellement en effectifs ;
  • sécurité assurée par l’opérateur des lieux concernés, comme cela existe déjà dans le cadre des transports de fonds, de la sûreté aéroportuaire, de la sécurité des sites sensibles ou des transports ferroviaires ;

Nos exigences

Quelle que soit la solution retenue :

  • la gratuité doit être accordée sans condition ;
  • le temps de repos doit être clairement distinct du service ;
  • les missions de sécurité doivent être assumées, organisées et dotées des moyens correspondants ;
  • la chaîne de commandement doit être clairement définie.

La CGT-Intérieur défend les droits des agentes et agents.

Pas des dispositifs ambigus qui étendent les obligations sous couvert de reconnaissance.

Montreuil le 20 février 2026.

> Communiqué CGT Police en téléchargement