Instances ministérielles Travail – Emploi : des réunions entièrement consacrées à la mise en œuvre de l’austérité ? Sans nous ! (Communiqué CGT/Sud Travail)
Texte publié le 7 octobre 2025.
Les 10 et 18 septembre, le 02 octobre : nous étions des centaines de milliers en grève et dans les rues pour dire NON à l’austérité, pour dire OUI à plus de justice sociale, fiscale et environnementale. Nous ne pouvons plus entendre que l’heure est au sacrifice pour les travailleur.ses et aux restrictions pour les services publics. De l’argent, il y en a ! Nos revendications sont non seulement légitimes, mais elles peuvent être satisfaites, si les milliards dépensés en aides aux entreprises, en exonérations de cotisations sociales patronales et pour augmenter le budget militaire, dans une logique démonstrative qui ne sert à rien, sont réorientés pour financer un budget d’urgence sociale et environnementale, pour développer les services publics qui restent le patrimoine de celles et ceux qui n’en ont pas !
La ligne de conduite d’E. Macron et de tous ses gouvernements successifs est très claire et tient en deux mots : libéralisme autoritaire, soit une politique qui mise tout sur les entreprises, tout en réprimant toute forme de contestation. La vague de désinformation qui s’est abattue sur le mouvement « Bloquons tout », les forces ahurissantes déployées pour « maintenir l’ordre » à chaque manifestation, les centaines de gardes à vues, les condamnations immédiates, parfois de jeunes lycéen.nes qui commençaient à peine à se mobiliser, sont autant de signaux envoyés par un pouvoir illégitime qui se sent menacé… à juste titre !
Alors pour nous, l’heure est à l’indignation, à la révolte et nous avons décidé de le signifier à l’ancienne et/ou à la nouvelle Ministre en ne siégeant pas aux réunions convoquées cette semaine, dans la précipitation, sans la moitié des documents préparatoires et avec l’autre moitié transmis quelques jours à peine avant les séances. Dans le marasme actuel, il ne s’agit d’ailleurs même pas de savoir QUI est Ministre ; entre le gouvernement « éclair » de S. Lecornu, la démission du précédent gouvernement, la censure de celui d’encore d’avant, la dissolution de l’Assemblée nationale qui a emporté ceux d’encore, encore avant, c’est la même politique qui est menée ! Nous ne sommes pas « ingouvernables », ce sont les gouvernements successifs qui continuent à mettre en œuvre le « projet » macroniste qui sont illégitimes !
Dans le contexte actuel, plusieurs des points inscrits à l’ordre du jour relèvent de la pure provocation !
Pour le CSA ministériel, vous osez nous consulter en vue de la suppression d’une unité de contrôle dans le département de la Vienne en nous faisant croire qu’il s’agit d’une formalité, alors qu’il s’agit de l’illustration parfaite des conséquences des pénuries d’effectifs organisées depuis des années et des plafonds d’emplois technocratiques que nous dénonçons ! Des sections qui restent durablement vacantes pour être mieux supprimées, dès que l’occasion se présente : dans le département concerné, les arrivées récentes ont permis de remonter la pente (de 10 à 12 et peut-être 11 sections pourvues sur 12, alors qu’il y en avait 13 en 2014 et 15 agent.es de contrôle, avant la réforme Ministère « fort »), mais ne permettront pas de pourvoir tous les postes et repartiront à la baisse au fil des prochains départs et ce, sans même parler des collègues épuisé.es après toutes ces années à subir le poids des intérims à répétition qui y ont laissé leur santé ! Le projet vise en réalité à supprimer immédiatement deux postes (un poste de RUC et un poste d’assistant.e de contrôle) et à terme, sans doute deux postes supplémentaires (le poste correspondant à la 12ème section qui sera sciemment laissé vacant et encore un poste d’assistant.e de contrôle). C’est scandaleux !
Pour la F3SCT ministérielle, vous trouvez des formules pudiques pour dissimuler les plans sociaux qui sont en cours dans nos services :
- « Groupe de travail sur les fonctions des AUC » = comment réduire davantage leur nombre, jusqu’à extinction définitive ?
- « Nouveaux outils mis en place dans les services SRDT » = les départs ne seront pas remplacés, comment faire pour canaliser la demande des usager.ères qui ne faiblit pas ?
Alors cette semaine, nous envoyons au nouveau Ministre ce message clair de pure colère ! Nous ne serons pas en réunion face à l’administration, nous serons aux côtés de nos collègues, dans les assemblées générales, pour discuter de nos modalités d’action et pour amplifier la mobilisation sociale. Notre objectif est tout aussi clair que la ligne politique macroniste : tout faire pour enfin gagner sur nos revendications, à commencer par l’abrogation de la contre-réforme des retraites, l’abandon de tous les projets régressifs et la mise en œuvre d’un programme d’urgence sociale et environnementale qui ne peut passer que par l’augmentation du SMIC, des salaires, des pensions, du point d’indice et des minima sociaux, ainsi que le renforcement des services publics.