DECRYPTAGE CGT Finances Publiques : L’Héritage est-il trop taxé en France ?

Texte publié le 2 octobre 2025.

Quelques chiffres-clés

  • En-deça de 100 000 € chacun, les héritiers en ligne directe (enfants, parents) n’ont pas de droits de succession à payer.
  • 87 % des héritages sont inférieurs à 100 000 €, donc exonérés de droits (et 66 % sont inférieurs à 30 000 €).
  • La moyenne des successions (donc quel que soit le nombre d’héritiers dans le partage) s’élève à 120 000 €.
  • 87 % des successions ne donnent lieu à aucun impôt.

Le poids de l’héritage en France

L’écart du patrimoine entre les ménages ayant hérité ou bénéficié d’une donation et les autres est de 175 000 € dans la tranche d’âge des 50-59 ans.
Selon l’Insee, le fait de recevoir une donation augmente de 20 points la probabilité d’être propriétaire.

Aujourd’hui, la part issue de l’héritage représente près des 2/3 du patrimoine des ménages contre 1/3 pour l’épargne. C’était l’inverse dans les années 1970. Cela montre notamment la baisse de l’enrichissement par le seul travail.
L’héritage est réparti très inégalement (encore plus que les revenus) : la moitié des Français n’hérite de rien, ou presque, quand 10 % des héritiers les plus riches concentrent plus de 50 % des héritages. Selon une note de la Fondation Jean Jaurès publiée le 4 septembre 2025, la fortune est encore aujourd’hui une construction familiale : 43 % des plus grandes fortunes de France sont des héritiers et même 60 % si on ne regarde que les 100 personnes les plus riches de France.

Les droits de succession sont-ils confiscatoires ?

Avec seulement 13 % des successions imposées (avec une progressivité de 5 à 45 % selon le montant des héritages et le lien entre le décédé et le·s héritier·s), on voit bien que seules les grosses successions sont taxées et celles en ligne indirecte.

D’autres dispositifs réduisent encore les droits de succession

> Toutes les donations en ligne directe sont exonérées dans la limite de 100 000 € par bénéficiaire tous les 15 ans (sans aucune condition).
> En 2025 les dons de sommes d’argent à un enfant sont exonérés de droits de mutation dans la limite de 100 000 € par donateur pour l’achat d’une résidence principale (exonération jusqu’à 32 000 € pour un petit-enfant, arrière-petit-enfant ou un neveu/nièce).
> Les assurances-vie inférieures à 152 500 € ne sont pas imposables dans les mains du bénéficiaire, quel que soit son lien avec le défunt (sous conditions).
> Le pacte Dutreil exonère la transmission d’entreprises familiales à hauteur de 75 %, sous certaines conditions.

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