De l’argent pour les services publics, pas pour la guerre ! (Résolution d’actualité du congrès UFSE-CGT)
Texte publié le 5 décembre 2025.
Réunis en congrès, les syndicats de l’Union fédérale des syndicats de l’État CGT (UFSE-CGT) expriment d’abord leur solidarité internationaliste aux peuples opprimés et aux victimes des guerres et agressions impérialistes. Nous dénonçons le rôle de la France, complice du génocide en Palestine. Ni accroissement des dépenses militaires, ni exportations massives d’armes, il faut lutter pour la paix et le désarmement. L’UFSE-CGT est également solidaire des peuples d’outre-mer en lutte pour leur liberté et leur indépendance.
Le 29e congrès de l’UFSE-CGT s’est tenu dans un contexte de profonde instabilité politique, fruit du rejet catégorique de la politique menée par les gouvernements successifs, une politique d’attaques systématiques contre nos droits et nos conquêtes sociales, au bénéfice d’une minorité de privilégié·es. Au cœur de la situation, il y a la résistance des travailleur·ses contre la remise en cause du système de retraite par répartition, exprimée par millions, en 2023 notamment. Comme l’immense majorité des travailleur·ses, les agent·es de la Fonction publique de l’État sont excédé·es d’être ainsi attaqué·es et maltraité·es !
Ni les travailleur·ses, ni les services publics n’ont à payer pour les cadeaux fiscaux faits aux plus riches, ni pour les subventions des profits par l’argent public qui se sont accentués au cours des vingt dernières années : crédit d’impôt – compétitivité, baisse du taux de l’impôt sur les sociétés, suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune… 211 milliards d’euros en 2023, selon le Sénat, soit plus de 6 500 euros par seconde, sont distribués chaque année aux entreprises, le tout sans condition, sans effet mesuré sur l’emploi ou sur les conditions de travail, sans contrôle et sans contrepartie. En vingt ans, en France, le patrimoine des 500 familles les plus riches a été multiplié par vingt. C’est là qu’il faut notamment aller chercher l’argent pour financer les services publics !
Les services publics et les agent·es ne peuvent être la variable d’ajustement du budget de l’État ! L’UFSE-CGT rejette tout budget de casse : baisse de la fiscalité sur le capital et hausse des dépenses militaires, sur le dos des travailleur·ses ! Les mesures d’économie toujours annoncées restent inacceptables ! Nous dénonçons les déclarations va-t-en-guerre et l’augmentation massive du budget militaire, au détriment de notre sécurité sociale et de nos services publics. Nous ne nous faisons aucune illusion s’agissant de la conférence sociale : la réforme des retraites doit être abrogée ; face à l’offensive engagée par le gouvernement visant à détruire notre système de retraites, il y a urgence à engager une bataille d’ampleur pour la défense du système de retraite par répartition, contre la retraite par points et/ou par capitalisation. Il faut, a minima, revenir au droit au départ en retraite à 60 ans, à taux plein, et maintenir les régimes particuliers.
L’UFSE-CGT s’oppose fermement à tout nouveau durcissement de règles d’indemnisation des travailleur·ses privé·es d’emploi. Elle dénonce le chantage du gouvernement qui entend conditionner l’abandon de son projet de réforme à une négociation visant à remettre en cause les indemnités perçues en cas de rupture conventionnelle. Elle réaffirme son attachement à un service public de l’emploi, universel, égalitaire, financé par l’impôt et placé sous contrôle démocratique.
D’autres choix, une autre politique sont possibles ! Au contraire de ce que proposent Macron et ses gouvernements successifs, nous exigeons :
- Un programme d’urgence sociale, à commencer par l’augmentation du SMIC, des salaires, des pensions et des allocations sociales ;
- L’augmentation significative de la valeur du point d’indice, pour le rattrapage du décrochage salarial et indexation sur l’inflation ; la refonte des grilles de rémunération ; l’intégration des primes dans le traitement ; le refus de toute rémunération au mérite ; le renforcement des droits à l’action sociale dans le viseur de Bercy, pour les actif·ves comme pour les retraité·es ;
- Le développement des services publics et l’amélioration de nos conditions de travail ; des créations d’emplois partout où c’est nécessaire et un plan de titularisation des agent·es non titulaires ;
- L’abandon du jour de carence, le rétablissement pour toutes et tous du versement à 100 % de la rémunération des agent·es qui sont en congé maladie ordinaire, en prenant en compte les spécificités de la santé des femmes ;
- Le respect plein et entier des libertés fondamentales d’expression et de création artistique ;
- Le rétablissement du versement de la garantie individuelle du pouvoir d’achat ;
- L’égalité salariale et professionnelle réelle entre les femmes et les hommes ; la revalorisation des filières à prédominance féminine ; l’éradication des violences sexistes et sexuelles ; une loi-cadre adossée à un budget de 3 milliards ;
- L’égalité salariale et professionnelle entre les agent.es valides et les agent·es en situation de handicap ;
- L’éradication de toutes formes de discrimination, réelle ou supposée telle que l’islamophobie, l’antisémitisme, les LGBTQIA+phobies, le racisme, le validisme, le sexisme, l’âgisme, etc.
L’UFSE-CGT s’oppose de toutes ses forces à l’extrême-droite et aux droites extrêmes qui sont les ennemies du monde du travail. Derrière un discours pseudo social, leurs représentant·es votent systématiquement pour la défense des intérêts du patronat et des riches. Elles sont les ennemies des services publics et des solidarités. Elles prônent un service public qui exclut en faisant reposer son fonctionnement sur la préférence nationale, ce qui est en contradiction totale avec les valeurs d’égalité et de solidarité consubstantielles au service public, au fondement du statut général des fonctionnaires. L’extrême droite est profondément sexiste, raciste et LGBTQIA+phobe. Elle ne peut en aucun cas constituer une « alternative », encore moins une quelconque solution à la crise démocratique et sociale que nous connaissons.
Face à ce gouvernement illégitime, l’heure est à la mobilisation de toutes et de tous. C’est dans ce sens que l’UFSE-CGT proposera aux organisations qui le souhaiteront, dans le champ syndical et au-delà, d’engager un processus de mobilisations, inscrit dans la durée, y compris par la grève et sa généralisation, les manifestations, le blocage de l’économie.
Sète, le 5 décembre 2025.