La Vie Ouvrière #17 - Printemps 2026. Intelligence artificielle : les nouveaux codes du travail
Texte publié le 4 mai 2026.
La révolution de l’intelligence artificielle n’est plus un lointain horizon : elle remodèle dès aujourd’hui le travail, les métiers et les équilibres démocratiques. Dans son numéro 17 paru en avril 2026, La Vie Ouvrière, la revue du travail et des luttes sociales de la CGT, consacre un dossier exceptionnel à cette mutation historique et à ce qu’elle implique pour les travailleurs.
L’ESSENTIEL
Des entrepôts logistiques aux services publics, du secteur bancaire aux métiers de la création, aucun secteur n’échappe à cette transformation de fond. Mais si l’IA peut alléger certaines tâches fastidieuses et améliorer la qualité de certains services, elle s’accompagne d’effets bien moins visibles : dégradation du contenu du travail, management algorithmique opaque, suppressions d’emplois en cascade, dépossession progressive des travailleurs de leur expertise.
Derrière les promesses des géants de la tech se cachent aussi des réalités peu reluisantes : des millions d’« ouvriers de la donnée » précaires et invisibles, un coût énergétique colossal, et des garde fous réglementaires déjà fragilisés avant même d’être pleinement appliqués. Face à des déploiements qui dépassent la vitesse du dialogue social, syndicats et représentants du personnel cherchent à reprendre la main.
Dans ce numéro, La Vie Ouvrière donne la parole aux économistes, syndicalistes, agents publics, chercheurs et travailleurs pour décrypter ce qui se joue vraiment.
SOMMAIRE
ÉTAT ANALYSE / COMMENT LES SYNDICATS S’ORGANISENT FACE A L’IA. Alors qu’Amazon supprime des dizaines de milliers de postes pour réinvestir dans l’IA, quatre organisations syndicales de cadres ont co-rédigé un manifeste pour encadrer les usages et instaurer un dialogue social technologique. Le Medef, lui, refuse d’entendre parler d’un accord national interprofessionnel.
ENQUÊTE / FONCTION PUBLIQUE : QUAND L’IA JOUE LES AGENTS DOUBLES. Des bureaux de vote de Drancy aux CHU, l’IA se déploie dans les services publics avec beaucoup d’opacité, sans cadre opposable ni véritable concertation. Rendement et performance priment souvent sur la qualité du service rendu aux usagers.
ENTRETIEN — ANTONIO A. CASILLI : « L’IA N’EST PAS AUSSI ARTIFICIELLE QUE CELA. » Le sociologue lève le voile sur les « ouvriers de la donnée » : des millions de travailleurs précaires, souvent dans le Sud global, qui annotent les données pour entraîner les IA — liés par des contrats bâillons, exposés à des contenus traumatisants, et invisibles des bilans des géants de la tech.
ZOOM — DATA CENTERS : OGRES DE L’ÈRE NUMÉRIQUE. La France compte plus de 350 data centers, et le gouvernement en promet des dizaines supplémentaires « clés en main ». Enquête sur l’accaparement des terres, de l’eau et de l’électricité par ces mastodontes numériques — et sur les collectifs qui résistent.
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